tenue de l'outil scripteur

Aider votre enfant à adopter une bonne tenue du crayon

Votre enfant se plaint de douleurs lorsqu’il écrit, ne parvient pas à progresser en vitesse d’écriture ou écrit “comme un cochon” ? Pour progresser sur ces points là et bien d’autres encore, il est indispensable d’adopter, dès le plus jeune âge, une bonne tenue de l’outil scripteur. Mais c’est quoi au juste bien tenir son stylo ou son crayon ? Voyons ça en détail ainsi que des conseils et activités utiles pour aider votre enfant à adopter une tenue correcte de son outil pour progresser en écriture.

Pourquoi est-il important de bien tenir son crayon au plus tôt ?

C’est vrai ça après tout, il le tient et il s’en sert, c’est déjà pas mal non ? 

Et ben si, c’est mal ! Oui, bon, en tous cas, c’est pas terrible. 

Pour éviter des douleurs

D’abord, en tenant son outil de façon inadéquate, il risque de se crisper et de se faire mal aux doigts, au poignet, au coude et à l’épaule à la longue. En adoptant une posture et une tenue appropriées, il s’évitera ainsi des heures d’écriture inconfortables par la suite. D’autant que si écrire lui fait mal, il y a peu de chance qu’il y prenne plaisir.

Pour favoriser une écriture fluide et l’aider à structurer sa pensée

Une fois la tenue du stylo corrigée, votre enfant est à même d’écrire plus rapidement et ainsi de perfectionner son tracé. Il va donc écrire plus proprement mais surtout, pouvoir focaliser son attention sur le fond de ce qu’il écrit, le sens, l’orthographe, la grammaire plutôt que sur ses gestes. Son écriture fluide devient alors non plus une fin en soi mais un outil de réflexion, le support de ses pensées et un moyen de mémorisation efficace.

Qu’est ce que c’est bien tenir son crayon ?

Bien tenir son outil scripteur quel qu’il soit, c’est adopter une posture qui permette d’écrire de manière fluide et sans douleur un long moment. 

La prise efficace engage trois doigts : le pouce, l’index et le majeur. Les deux autres sont en retrait, rangés dans le creux de la main.

Idéalement, l’outil est pincé entre la pulpe du pouce et le côté du majeur. L’index repose souplement sur le bout du stylo, sans être crispé. Le pouce et l’index forment alors un rond dont la présence indique la bonne tenue. Certains graphothérapeutes imagent la présence d’un soleil (formé par la fermeture pouce index, avec les pliures dessinant les rayons) pour aider l’enfant à autoréguler sa prise en main de l’outil.

Comment l’aider ?

Armez-vous de patience et rabâchez (avec bienveillance bien entendu)

Pour aider votre enfant à adopter une bonne tenue ou corriger ses mauvaises habitudes, votre vigilance et votre entêtement seront vos alliés. Reprenez-le tout le temps, même si c’est usant de toujours répéter la même chose. Une fois que vous vous êtes attelé à ce chantier, ne laissez rien passer jusqu’à ce que la bonne habitude soit prise. C’est un bon service à lui rendre. 

S’il est en âge de maternelle, c’est-à-dire entre 3 et 6 ans, veillez à chapeauter toutes ses activités de dessin et d’écriture et expliquez-lui clairement l’importance d’une tenue correcte de son crayon. Sans être sans arrêt derrière lui, rappelez-lui avec bienveillance, si vous le voyez dessiner tranquillement “Penses à positionner correctement tes doigts sur ton crayon.”

Veillez à ce qu’il ait des activités manuelles variées

Si la prise en main lui semble inconfortable, c’est peut-être qu’il manque de tonus dans les doigts. Prenez le temps d’introduire ces séances par un petit échauffement des doigts (video) pour les délier. Par ailleurs, en amont et/ou en parallèle, proposez-lui des activités qui mettent en jeu sa préhension : confection de colliers de perles, laçage, tressage, pâte à modeler, etc. (voir plus bas). Amenez-le à utiliser ses doigts dans des situations variées pour l’amener à avoir une plus grande agilité. 

Limitez les temps de manette car cette dernière favorise une mauvaise préhension. Il en va de même pour les jeux sur smartphone. Les spécialistes observent ces dernières années, chez les enfants habitués à jouer avec une manette ou un téléphone, le syndrome de la main molle. 

Fournissez-lui des outils adaptés.

Pour favoriser sa prise en main adaptée des crayons et stylos, il existe des outils à favoriser et d’autres à bannir. 

Pour les plus jeunes, optez de préférence pour les crayons galets avec une empreinte pour faciliter la prise digitale et une taille suffisamment petite pour que l’enfant n’ait pas d’autre choix que de le tenir à trois doigts.

Pour les enfants d’âge maternelle qui commencent à écrire, vous pouvez favoriser l’écriture au crayon de papier en veillant à en choisir à section triangulaire ou hexagonale plutôt que ronds. Il en existe même, comme le Faber-Castell grip 2001, qui possède des points anti-dérapant. Vous pouvez également opter pour un critérium, ce qui oblige les enfants à ajuster la pression exercée sur la mine pour ne pas la casser.

Pour ceux, plus grands, qui utilisent des stylos, préférez les stylos gel, qui glissent bien et ne nécessitent pas une pression trop importante (laquelle entraîne une crispation) pour laisser une trace. Préférez si possible ceux qui favorisent une bonne prise en main comme le Stabilo fun, le Scribolino de Faber Castell, le Griffix ou le Roller twist de Pelikan ou le Breeze de Schneider (quoique l’écriture soit un peu trop large à mon goût et ne permette pas toujours la justesse du tracé).

D’une manière générale, éviter les outils trop larges qui favorisent une prise palmaire, c’est-à-dire à pleine main comme les pastels en forme de boule pour les tout-petits ou les stylos quatre couleurs chez les plus grands.

Une bonne posture

Pour bien tenir son crayon et bien écrire avec, il est également essentiel d’être bien installé. Pour cela, votre enfant est assis confortablement et son avant-bras est posé sur la table. Veillez à ce que la feuille soit inclinée dans l’axe de l’avant-bras et que la main soit située sous le crayon, de façon à dégager la vue sur la mine.

Quelques activités pour travailler la préhension et la pince : 

S’échauffer les doigts avant une séance d’écriture

Inspirez-vous de la vidéo et demandez à votre enfant de réaliser une petite danse des doigts pendant quelques secondes. Il peut créer sa propre “chorégraphie” si ça l’amuse. Seul impératif, faire bouger les index, les majeurs et les pouces dans tous les sens.

En tenant le stylo ou le crayon correctement, demandez à votre enfant de poser son avant-bras et son poignet et de gribouiller en ne bougeant que les doigts.

Des jeux pour préparer les doigts 

Quotidiennement, proposez à votre enfant des activités qui lui permettent d’exercer sa dextérité, d’entraîner la mobilité de ses doigts, d’utiliser sa pince mais également de délier ses poignets et ses épaules. Pour cela, une multitude d’activités s’offrent à vous : 

  • la pâte à modeler : morceler, assembler, rouler avec les mains et avec les doigts ; 
  • enfiler des perles : des grosses pour commencer puis de plus en plus petites au fur et mesure qu’il progresse et affine son geste ;
  • utiliser des gommettes (penser à les détourer pour en rendre l’utilisation plus simple pour les plus jeunes) ;
  • jouer avec des marionnettes à doigts (vous pouvez en fabriquer avec de vieux gants dont vous découpez les doigts et que vous décorez en cousant ou dessinant) ;
  • bricoler (sous votre surveillance) : planter des clous avec un marteau, visser au tournevis, assembler vis et boulon à la main ;
  • coudre, faire du canevas (avec des aiguilles en plastiques pour les plus jeunes) ;
  • poinçonner : Vous tracez un dessin sur feuille de papier que vous posez sur un panneau de liège. Votre enfant, en utilisant une punaise à grosse tête 📌qu’il tient entre son pouce, son index et son majeur, poinçonne en suivant le tracé. Veillez à ce qu’il actionne ses doigts et donc, comme pour écrire, il doit poser don avant-bras et son poignet.
  • cuisiner et notamment préparer des pâtes (brisée, sablée, à pain) qui nécessitent d’y mettre les mains.

Quelques activités pour aider à remédier à une mauvaise tenue du stylo

En parallèle d’un rabâchage de tous les instants, il est primordial de faire travailler ses doigts pour les rendre plus forts, plus mobiles et plus adroits.

Avec la pâte à modeler : 
  • À partir d’une galette, former une boule bien ronde et bien lisse en n’utilisant qu’une main et sans s’aider de la table.
  • À partir d’une bille de pâte à modeler, former des vers de terre pâte puis les enrouler en spirales (toujours d’une seule main et sans la table).
Fabriquez des marionnettes marcheuses :

Vous dessinez et découpez le buste d’un personnage dans du carton puis y percez 2 trous d’environ 1,5 cm de diamètre au niveau des “hanches” pour y faire passer les doigts (index et majeur) devenus jambes de la marionnette.

Si vous connaissez d’autres astuces, partagez-les en commentaire, ça peut toujours servir.

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