La rentrée scolaire est passée et votre enfant continue à pleurer pour aller à l’école. Pas facile dans ces conditions de le déposer à la maternelle le matin. Ça vous fend le cœur. Rassurez-vous, ses larmes ne signifient pas forcément que la maîtresse est une tortionnaire ou que votre enfant a la phobie de l’école. C'est juste qu’il a besoin de temps et de votre accompagnement de parent pour y parvenir. Ils sont nombreux dans ce cas. Et surtout, il existe des solutions pour l’aider à traverser cette période.
Votre enfant pleure à l’école parce que la rentrée est un passage important qui engendre de nombreux changements dans sa vie. Avec quelques réflexes à prendre à la maison, la situation devrait rapidement s’arranger. Pour mettre toutes les chances de votre côté, je vous partage des conseils et quelques astuces pour lui permettre de faire face à l’école, et de gérer ses émotions au cours de sa journée en classe. En prime, en fin d’article, vous retrouverez un exercice de sophrologie imparable pour aider votre enfant à se détendre tout en faisant le plein d’énergie.
Pourquoi mon enfant pleure quand il va à l’école ?
Pour lui apporter une réponse adéquate, il convient de comprendre ce qui se joue, pourquoi votre enfant pleure à l’école. Il existe différentes raisons qui peuvent être source de difficultés pour un jeune enfant à son entrée à l’école.
Mon enfant pleure à l’école, car il a du mal à gérer la séparation
Pour les enfants qui ne sont jamais allés en crèche notamment, l’entrée à la maternelle représente la première séparation avec la maman, le papa et plus généralement la famille. C’est aussi le cas pour certains enfants gardés en nourrice, dans un cocon rassurant, depuis leur plus jeune âge.
Cette situation est source d’angoisse pour le jeune enfant. Débordé par ses émotions, il n’a pas d’autre solution pour vous dire sa peur, alors il pleure. Parfois, cela est très intense et impressionne fort les parents qui déposent leurs enfants à la maternelle.
Rassuré sur le fait que vous allez revenir le chercher et qu’il est en sécurité à l’école, cela va passer. Sachez toutefois que certains enfants continuent longtemps de marquer la séparation tout en parvenant ensuite à profiter de leur journée d’école.
Discutez avec la maîtresse pour en savoir plus sur le comportement de votre enfant, la manière dont il gère la situation et comment il évolue dans le groupe classe.
La peur de l’inconnu est une forte source d’angoisse
L’entrée à l’école maternelle est source de nouveautés : nouvel environnement, nouvel adulte référent, nouveaux enfants, nouveau fonctionnement. Ces changements induisent nécessairement de nouvelles attentes et votre enfant, avant d’avoir découvert et expérimenté l’école, ne sait pas quel comportement adopter, ce qui est source d’angoisse.
Une visite de l’école en amont, une rencontre avec la maîtresse, une matinée d’adaptation ou des lectures sur l’école permettent de répondre à quelques questionnements de votre fille ou de votre fils. Par la suite, l’expérience va lui permettre de trouver sa place, de se rassurer pleinement et d’aborder sereinement sa scolarité.
La peur de l’échec impose une pression difficile à gérer
Même sans jamais y avoir mis les pieds, les enfants comprennent très vite qu’ils vont ou vont aller à l’école pour apprendre. À ceux qui auraient tendance à l’oublier, l’entourage se charge souvent de le rappeler. Il leur est dit, anodinement, qu’à l’école ils vont apprendre à lire, à écrire, à compter et même à obéir. Tout un programme. Certains enfants, face à ce programme bien chargé, s’infligent une pression difficile à gérer : et si je n’y arrive pas, et si je ne comprends pas, et si je me trompe. Cela peut être une raison pour que votre enfant pleure à l’école.
Cette pression subie par l’enfant est telle que certains enfants préfèrent ne pas essayer plutôt que de prendre le risque de se tromper. Difficile d’apprendre dans ces conditions. D’autres se mettent en colère lorsqu’ils se trompent, vivant cela comme un échec. Pourtant, l’erreur est une étape essentielle de tout processus d’apprentissage, celle qui donnera lieu à une adaptation et donc à un progrès.
Mon enfant pleure à l’école pour évacuer la pression
Il n’est pas rare que la maîtresse vous fasse savoir que la crise de larmes du matin est passée à peine étiez-vous arrivé au bout du couloir. Cela ne signifie pas qu’il s’agissait d’un caprice. Simplement, vous, ses parents, êtes bien mieux placés que cette maîtresse qu’il ne connaît pas pour accueillir ses émotions. Vous êtes ses figures d’attachement et elle est, à ce stade, une étrangère. C’est aussi pour cette raison qu’à nouveau, votre enfant pleure à l’école lorsque vous arrivez le soir pour le récupérer alors que tout se passait bien.
Toute la journée, en classe et à la récréation, il a fait face à différents problèmes : du bruit en permanence, les attentes de la maîtresse, prendre le risque de proposer une mauvaise réponse, partager les jouets et l’attention de la maîtresse, se concentrer, être attentif. Une fois la journée d’école terminée, il relâche la pression comme une cocotte minute et se décharge auprès de vous. Pour ça, il fait comme il peut, et cela peut passer par de la colère ou des pleurs.
Comment aider mon enfant à aller à l’école sereinement ?
La période de la rentrée peut poser problème et être particulièrement tendue. Voici donc quelques conseils quant à la manière dont vous pouvez aborder les choses pour atténuer la peur de votre enfant. Cela va lui permettre de se rassurer et d’aller à l’école sereinement.
Évoquer l’école positivement à la maison peut aider mon enfant à se rassurer
Une fois à la maison, évoquer l’école de manière positive. Vous pouvez discuter de ce qu’il y a fait ou de ce qu’il va y faire, des copains, de la cantine, d’une histoire lue, de ce qu’il chante. Montrez de l’intérêt pour ce qu’il fait en votre absence sans pour autant être intrusif. Vous ne saurez pas tout. Il se peut même qu’il fasse le choix de ne rien vous raconter. Ses « je sais pas » en guise de réponse à vos « qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? » ne signifient pas qu’il n’a rien fait ou qu’il n’aime pas ce qu’il y fait.
Pour aborder les choses différemment, vous pouvez lui demander ce qu’il a préféré dans sa journée, et pourquoi pas dire ce que vous avez préféré de la vôtre. C’est peut-être aussi l’occasion de vous souvenir avec lui de ce que vous aimiez particulièrement quand vous étiez à l’école. Vous pouvez même lui montrer quelques-unes de vos photos de classe.
Parfois après une scolarité chaotique ou un aîné qui a rencontré des difficultés scolaires, il est difficile d’être en confiance avec l’institution scolaire. Essayer de ne pas transmettre vos craintes à votre enfant. N’hésitez pas à rencontrer l’enseignante pour vous rassurer et être à même de rassurer votre enfant.
Accepter sa douleur, accueillir ses émotions, quelle que soit la façon dont il les exprime
Sa peur, son angoisse et ses pleurs peuvent parfois vous sembler démesurés. Pour autant, ce n’est pas rien. C’est normal d’être inquiet de ce qu’on ne connaît pas. Il a tout à fait le droit de pleurer, à la maison avec vous, mais aussi à l’école. Rassurez-le à ce sujet. La maîtresse peut comprendre qu’un enfant pleure à l’école. C’est son travail d’accompagner les enfants et de les aider. Elle sait que souvent, en début d’année surtout, les enfants pleurent. C’est normal, c’est le temps de faire connaissance avec l’école, l’enseignant, l’Atsem, les enfants, les animateurs de la cantine et de s’y sentir en confiance.
En reconnaissant à votre enfant le droit d’avoir des difficultés, de la peur ou de l’angoisse, vous lui permettez de les exprimer et ainsi d’apprendre à les surmonter avec votre aide. L’inverse reviendrait à lui demander de se débrouiller tout seul avec ses émotions et ne lui permettrait pas d’être disponible pour apprendre à l’école. Certain de pouvoir compter sur ses parents et sa maîtresse, votre fille ou votre fils se sentira en sécurité à l’école et pourra en profiter comme il se doit.
Ritualiser pour rassurer, ça marche aussi pour l’école
Vous avez certainement remarqué comme votre enfant aime regarder sans cesse le même dessin animé, écouter la même histoire, manger le même plat, faire les mêmes jeux ou avoir le même nombre de bisous quand vous le couchez. Les enfants adorent la répétition et les rituels, ça les rassure. Cela leur permet de savoir exactement quel comportement adopter. Après tout, cette histoire de rituel, ça a marché pour le sommeil, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas pour l’école.
Les rituels concernant l’école sont nombreux. Cela peut concerner la préparation le matin ou dès la veille, les affaires dans le sac ou le retour à la maison. Veillez à respecter le même ordre des choses, par exemple : prendre le goûter dans le jardin, jouer un peu, prendre une douche, regarder la météo et préparer ses vêtements ensemble pour le lendemain, préparer et prendre le repas, choisir le petit déjeuner pour le lendemain, lire une histoire et se coucher. Cela ne veut pas dire que toute votre vie va être réglée comme du papier à musique. La surprise peut tout à fait avoir sa place dans l’organisation. Cependant, vous éviterez bien des problèmes en priorisant les rituels en début d’année, de manière à pouvoir vous en détacher par la suite.
Prendre le temps de l’accompagner à l’école pour lui permettre d’y arriver sereinement
Le matin, même si vous devez aller au travail dans la foulée, éviter de déposer à la va-vite dans sa classe ou à la garderie. Ne confondez pas vitesse et précipitation. Vous pouvez tout à fait aller vite sans être stressé, au risque d’assister à une crise digne de ce nom de la part de votre enfant. Prévoyez une petite marge pour profiter de ce temps avec votre enfant. Les jours de mauvaise gestion du temps, mieux vaut jouer à faire la course plutôt que râler et le bousculer. Cela vous évitera de finir par vous mettre en colère parce qu’il n’arrive pas à aller assez vite à votre goût.
Une fois arrivés à l’école, prenez le temps de l’accompagner jusqu’à la porte de sa classe et de saluer un adulte, que ce soit l’Atsem ou la maîtresse. Si besoin, c’est le moment de prévenir de tout événement particulier ou d’un changement quelconque : un problème, un bobo, une nuit agitée ou les grands-parents qui viennent le chercher. Il n’est pas question de s’installer pour la matinée, juste de prendre quelques minutes pour faire une passation digne de ce nom. Par ailleurs, si un parent est plus détendu que l’autre, privilégiez cet accompagnateur pour faciliter la mise en route et éviter que votre enfant pleure à l’école.
Un petit plus : quelques lectures pour l’aider à apprivoiser l’école
Découvrir les histoires de Cajou, Calinours ou Simon peut l’aider à se rassurer. Ça fait toujours du bien de se dire qu’on n’est pas tout seul à vivre une expérience particulière, notamment quand elle est source d’angoisse. Pour découvrir ma sélection et faire votre choix, retrouvez mon article : les livres sur l’école et les émotions.
Mes astuces pour aider votre enfant à gérer ses émotions à l’école
À côté de ces habitudes familiales à mettre en œuvre pour aider votre enfant, il existe un certain nombre d’astuces pour lui permettre de faire face à l’école au cours de sa journée.
Emporter son doudou à l’école permet d’aider l’enfant à se rassurer
Si votre enfant fait partie de l’immense majorité des enfants qui a un doudou, il est important pour lui de pouvoir l’emmener à l’école. C’est un objet transitionnel qui, comme son nom l’indique, va lui permettre de faire la transition entre la maison et l’école. C’est essentiel pour son bien-être et sa sécurisation.
Ne vous inquiétez pas de savoir si le doudou ne va pas prendre trop de place, si votre enfant va parvenir à s’en défaire, comment la maîtresse va gérer ou de ce que vont dire les autres. Le principal est que votre enfant se sente en sécurité à l’école et la présence de son doudou y concourt fortement. Dans les premiers temps, il est probable que votre fils ou votre fille ait du mal à se séparer de son doudou, puis petit à petit, au cours de l’année, le doudou ne sortira probablement plus du sac. Non pas qu’il soit alors interdit de séjour en classe, mais parce que votre enfant ne ressentira plus le besoin de sa présence à ses côtés pour faire face à la séparation.
Glisser une photo de famille dans son sac
Pour l’aider à gérer la séparation et se sentir moins seul, il peut être utile de glisser une photo de famille ou d’un parent dans le sac de votre enfant. Ainsi, en cas de coup de dur sur le temps scolaire, il aura le loisir d’aller se rassurer en regardant sa photo. Pour lui donner encore plus de valeur, prenez le temps de la faire choisir à votre enfant parmi une présélection. Vous pouvez également lui écrire un mot doux à l’arrière en lui lisant, par exemple « je t’aime, à ce soir ».
Si vous sentez votre enfant fragile ou que vous craignez qu’il n’ose pas aller regarder sa photo seul à l’école, n’hésitez pas à parler de cette initiative à la maîtresse. Elle pourra l’inciter, si votre enfant pleure à l’école, à aller chercher du réconfort et se rassurer sur votre amour et votre retour au cours de la journée.
Un foulard qui sent bon la maman ou le papa pour le réconforter en cas de coup de blues
En fonction des habitudes que vous avez mis en place bien avant l’école, lorsqu’il allait à la crèche ou chez la nounou, vous pouvez opter pour le foulard qui sent bon la maman ou le papa. Celui-ci a l’avantage d’être assimilable à un doudou et de pouvoir entrer en classe ou dans le dortoir pour faciliter l’endormissement du jeune enfant.
Arriver à l’école en même temps qu’un copain le matin pour dédramatiser
C’est bien connu, à 2 on est plus fort. Pour cette raison, si votre enfant est fébrile sur le chemin de l’école le matin, vous pouvez vous organiser avec d’autres parents pour arriver ensemble à l’école. Leur arrivée commune dans la classe devrait galvaniser vos enfants et faciliter la gestion de la séparation.
Lui offrir un petit cœur ou une boîte à bisou
Pour permettre à votre enfant de gérer la séparation tout en lui faisant un cadeau, vous pouvez lui offrir un objet de réconfort à glisser dans son sac ou dans sa poche et qu’il pourra aller voir ou toucher quand il en ressentira le besoin. Ainsi, vous pouvez lui fabriquer un petit cœur, symbole de votre amour pour lui. Vous trouverez le tuto pour cela sur la page Insta des Mercredis sous la pluie.
Vous pouvez également vous inspirer de l’album de Michel Gay, la provision de bisous de Zou. Ce dernier traite de la séparation de Zou avec ses parents non pas à l’occasion de la rentrée, mais d’une colonie de vacances. Pour faire face, ses parents lui ont offert une petite boîte avec des bisous. Un cadeau fort efficace que Zou partage avec ses nouveaux amis.
La rentrée et l’adaptation à l’école sont une période sensible pour un enfant. Prenez le temps d’accompagner votre fils ou votre fille, de l’écouter, de l’encourager dans ce passage. N’hésitez pas à échanger avec l’enseignant pour en savoir plus. Allez à sa rencontre et posez-lui des questions s’il ne pense pas de lui-même à vous faire part des progrès de votre enfant, de son acclimatation. Il pourra également vous partager de précieux conseils pour son adaptation scolaire.
L’astuce sophro pour aider votre enfant à vivre sereinement sa rentrée :
Cette astuce de sophrologie est réalisable à tout âge. Parents et enfants peuvent réaliser cet exercice ensemble, le soir, en famille, après une journée d’école ou de travail. C’est une manière active d’évacuer les tensions, sa colère et de se détendre.
Vous êtes debout, confortablement, les pieds écartés de la largeur du bassin et les bras le long du corps.
Lentement, vous inspirez en haussant vos épaules puis expirez en les descendant.
Vous recommencez une seconde fois.
La troisième fois, vous montez les épaules en inspirant puis vous bloquez votre respiration et serrez les poings. Respiration bloquée, vous pliez les coudes, levez les poings et réalisez un mouvement de pompage plus ou moins rapide. En pompant, vous concentrez tout ce qui vous embête, vos tracas. Vous laissez retomber vos bras le long de votre corps en soufflant longuement, par la bouche en imaginant que vous expulsez votre concentré de problèmes.
Recommencez cet exercice. En même temps que vous vous débarrassez de vos problèmes, sentez l’énergie positive et le calme vous remplir.
Une fois que votre enfant maîtrise cette technique, il peut y avoir recours tout seul au cours de sa journée d’école, quand il sent qu’il se fait déborder par ses émotions. Il peut alors quitter la classe quelques minutes pour se rendre aux toilettes ou dans le couloir pomper un peu de bonne énergie.




